"Le dire avec des mots démodés".

Soène doit craindre une fonte estivale des méninges car tel est le thème qu'elle nous a concocté pour ce défi du 20.

Me vient illico, et in petto cette question que je vous soumets. Que sont devenus ces mots simples : problème et expliquer ? Quelle affêterie soudaine leur a fait subir cette avanie, se voir oublier au profit de problématiques que l'on explicite au mieux, ou qui s'ensevelissent dans d'abscons  et doctes discours ? Billevesées ? Fariboles ? Foin de cette débilité langagière réduisant le vocabulaire à la portion congrue.

Parfois les mots me manquent et l'autre jour, sur le point d'entamer une mercuriale revancharde à propos de mon ennemi routier abhorré, cherchant en vain le terme ad hoc, me vint aux lèvres ce mot de "patache" qui fit florès dans mon entourage.

Onc, je vous le clame sans ambages : je hais les pataches ! Bicoques roulantes, tirées par de sombres haridelles mécaniques et poussives, baguenaudant sur les voies rapides, polluant l'horizon céruléen, occultant la vue, défigurant les plus beaux paysages, suscitant mon ire infatigable, une envie insatiable de les agonir d'injures à voir leurs mines papelardes, tout occupés qu'ils sont à se remplir la panse, hors estaminets, arrondir leurs bedons, se goberger devant l'huis de la patache, impavides sous les regards offusqués des esthètes ébahis de voir leurs sites favoris transformés en pétaudière, parfois en marigots quand ces indélicats voyageurs, refusant d'acquitter leur écôt dans les lieux prévus, abandonnent derrirère eux, puantes traces de leur passage et filent tout chafouins chercher un autre pacage, laissant le pensum du nettoyage à autrui.

Brisons là, cessons cette diatribe, inspirée des transhumances estivales. Arrêtons de vilipender. A bon entendeur, je précise que mon courroux ne saurait être dirigé vers les possesseurs de pataches, pérégrins respectueux du code de la route, de l'environnement et des quidam.

Des plaisirs démodés ou non nous attendent, des journées riantes vers lesquelles se tourner dès que Soène nous aura donné quitus de ce défi.

Vive les méridiennes sous la charmille bercés par l'aubade d'un  oiseau troussant quelque madrigal !

Le 20 août c'est sous la férule de Vonnette que nous serons rassemblés.

Participants à ce défi listés chez Soène, thème du mois d'août à découvrir chez Vonnette.

Belle journée.