JUILLET COMPLIQUE
Juin, chaud et sec, avait laissé le jardin proche de l'asphyxie. Le premier dimanche de juillet a eu l'idée géniale de nous gratifier de 50 mm sur la journée. 50 litres au mètre carré, une manne pour plusieurs jours pendant lesquels le jardin soupirait d'aise, visiblement. Une respiration tellement bienfaisante quand les températures ne savaient plus descendre sous les 30° à l'ombre !
Heureusement les nuits plus fraiches offraient un répit aux végétaux, ainsi qu'un nouvel épisode pluvieux, moins abondant, quinze jours plus tard.
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Nous avons un petit festival du blanc avec 'Marie Pavié'. Ce rosier est d'une générosité et d'une facilité de caractère sans bornes. Je ne regrette jamais l'heure passé à le préparer pour la suivante, à chaque fin de floraison. L'enchainement est sans failles.
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Les gauras sont à la fête et si accueillants pour les insectes !
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Les abélias viennent à la rescousse, le deutzia du Setchouan ouvre ses corolles sporadiquement en fonction des températures. Chaque inflorescence est bienvenue car les butineurs risquent la disette avec ce temps chaud et sec.
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Ainsi je prends garde à ne pas raser l'énorme touffe de centaurée sauvage si prolifique,
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garde les lavandes le plus longtemps possible,
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et ne touche pas aux cardons complètement avachis tant qu'il leur reste une de ces boules violettes qui drainent une petite foule de visiteurs. Ok, c'est moche (pas plus que la pelouse d'ailleurs) mais la petite faune est indissociable de la vie des végétaux.
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'Pierre de Ronsard' se relance. C'est une bonne nouvelle, même si pas étonnante,
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au regard de l'aspect semi-désertique qu'affichent progressivement les massifs. J'ai rasé les érigerons pour les pousser à refleurir, et encourage les carottes sauvages. Aucun risque que nous nous aventurions à tondre dans ces circonstances !
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Dans la cabane aux feuillages, les érables du Japon tiennent le coup. Je découvre avec bonheur les jeunes pousses écarlates du semis qui m'a été offert il y a deux ans.
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Retour de floraison chez 'Guirlande d'amour' aussi. Incroyable d'afficher autant de fraicheur, auprès d'arbustes qui se cramponnent à leurs feuilles.
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Tant que ces blondeurs ne virent pas au caramel, on peut espérer un bon taux de survie de tout ce petit monde.
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Il est même possible de trouver encore quelques couleurs et fleurettes neuves malgré le soleil qui tape obstinément et l'eau qui ne tombe plus des nuages.
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La clématite recta qui m'en avait un peu voulu de l'avoir réduite de moitié après son éclosion initiale, a finalement réagi et refleurit.
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La véronique toute dodue a opté pour une version ralentie mais vient à bout de son programme de multiplication d'épis finalement. Autour, l'itea et les fusains restent joliment parés.
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De premières touches automnales se glissent le long des feuilles.
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La période est critique mais pas désespérée.
Août commence un peu durement, sans eau à l'heure où j'écris ces mots, bientôt trois semaines sans averses...La chaleur qui s'intensifie ne parait amener ni nuages, ni orages. Ce premier tiers de mois n'est pas très encourageant, mais rien n'est joué pour la suite.
Puis ce temps que nous ne pouvons pas passer à travailler dans le jardin, nous pouvons l'employer à chercher des idées et des plantes qui tiendront face aux nouvelles donnes de culture nos lopins. Je ne m'en prive pas !
Bonne semaine.